Bayrou avec nous !
Aujourd'hui, à 15 heures, François Bayrou donnera une conférence de presse pour annoncer ces intentions pour le second tour. Beaucoup des voix de l'UDF restent à prendre, alors même que la plupart des 7 millions de bayrouistes ont déjà rejoint les deux sélectionnés.
D'autres attendent pourtant que Monsieur Bayrou appelle à voter pour l'un ou l'autre des prétendants restant en lice, après une campagne marquée par le succès des propositions du candidat UDF.
Bayrou choisira-t-il la belle Ségo ou le méchant Sarko ?
Inutile de dire que les électeurs de gauche et du centre attendent beaucoup de François Bayrou. L'appel de Valence est clair : Ségo lui propose de rejoindre le pacte présidentiel sur la base d'une discussion publique portant sur les sujets sur lesquels centristes et socialistes convergent : la priorité à l'éducation, un nouveau référendum pour le traité constitutionnel européen, l'Etat impartial, la pacification des quartiers, l'impératif écologique, etc.
Au-delà de ces propositions de fond, Ségo propose à Bayrou le changement qu'il souhaite tant. La coalition centre-gauche qu'il prédisait est sur le point de voir le jour, ce qui constituerait un fait historique. Cette grande coalition, qui irait des Verts à la gauche de l'UDF, permettrait aux partis de gouvernement de réaliser de belles réformes tout en imposant d'indispensables avancées sociales.
Elle offrirait d'autre part l'occasion à la gauche de la gauche de se constituer en véritable force d'opposition politique, ce qui nous manque aujourd'hui. Enfin, libérée de Sarkozy et Le Pen, la droite pourrait regagner les terrains perdus du gaullisme, et abandonner les steppes de l'idéologie sécuritaire ultralibérale.
Ce que Bayrou détient entre ses mains, ce n'est ni plus ni moins que l'avenir de la vie politique et de l'offre démocratique qui sera désormais proposée à nos compatriotes pour les décennies à venir.
En proposant à François Bayrou de réaliser cette coalition pro-européenne, réformiste, sociale, pacificatriste et soucieuse de l'environnement, Ségolène Royal ne met pas le candidat centriste " au pied du mur ", contrairement à ce dont l'UMP l'accuse.
Côté Sarko, ce n'est pas la même limonade. Il veut bien des électeurs de Bayrou, pas de ses propostions. On est donc dans le registre de la menace. Chaque député est abordé individuellement : " Sois tu soutiens Nicolas, soit on présente un candidat UMP contre toi aux législatives ". C'est radical. En raison de ce chantage effectué dans le dos des électeurs par les sbires de la Sarkozye, un certain nombre de défections de parlementaires UDF sont donc à prévoir.
Mais que restera-t-il alors du changement prôné par Bayrou ? Qui incarnera ses idées si tous les parlementaires vont à la soupe à l'UMP ? François Bayrou fait donc face à un choix clair. Soit il se soumet à la logique d'intimidation de Sarko, soit il s'associe au changement de Ségo.
On espère que le centre mou s'est endurci. Nous ne doutons pas que Monsieur Bayrou dispose de aujourd'hui de suffisamment de courage pour faire un tel choix. A moins que...