Pourquoi Bayrou ment sur la dette
Alors que beaucoup d'électeurs se sentent pousser des ailes centristes, bast64 tient à remettre de l'ordre et de la clarté. Il s'agit de bien savoir qui est vraiment François Bayrou.
En effet, je suis moi-même béarnais : né à Pau, comme Henri IV (et pas comme Bayrou), j'ai eu l'occasion d'assister à quelques scènes de la vie politique locale. Et c'est grâce à mes deux grands-pères que je sais qui est vraiment François Bayrou. Témoignage :
Bayrou le mégalo
Je me souviens ainsi d'une discussion avec André Labarrère, ancien camarade de classe de mon grand-père, lors du Grand Prix de Pau, en 1998. Pour Dédé, Bayrou n'était qu'un baron local de droite à qui il était très fier de ne jamais avoir abandonné la mairie de Pau.
Conversation devant un fabuleux JP Montoya
Et l'édile de se vanter d'avoir freiné la mégalomanie du petit François en se faisant élire sur une liste PS pendant 40 ans dans une ville très bourgeoise. Il faut dire que question mégalo, Dédé était un fin connaisseur. C'est dire s'il avait cerné le personnage qu'est François Bayrou. Malheureusement, il nous a quitté voilà un an, nous privant d'anecdotes croustillantes sur le président de l'UDF. Alors Dédé, si tu nous entends...
Bayrou le margoulin
Mais ce qui m'a le plus marqué, c'est cette autre anecdote. Mon autre grand-père tenait à l'époque un bar-tabac-PMU-Loto-presse, haut lieu de la réflexion politique béarnaise s'il en était. Un jour, en pleine campagne électorale - j'étais bien trop jeune pour me souvenir de laquelle - François Bayrou débarque avec toute son équipe dans le bistrot bondé, à l'heure limite du tiercé.
" Tournée générale ! ". Vu le monde, j'imaginais déjà le papi se frotter les mains devant l'aubaine... Seulement voilà, le chantre de la résorbtion de la dette, l'homme de la fin-des-pratiques-politiques-que-les-Français-ils-en-ont-marre, celui qui aujourd'hui remonte les bretelles et distribue les claques s'est barré sans payer. Et oui : Bayrou a planté mon papi d'une tournée générale et de deux cartouches de cigarettes... " On repassera pour payer ", lance alors son assistant.
Le pourfendeur de la dette a des dettes
Heureusement, mon grand-père n'étais pas armé. Mais on n'apprend pas au vieux singe à faire la grimace. Il ne manque ainsi jamais de rappeler cette histoire de la dette de Bayrou à chaque fois que son nom est prononcé en sa présence. Il y a un mot pour ça au Béarn : margoulin. Peut-être François doit-il à ce faux pas les nombreux échecs auxquels il a dû faire face en terre béarnaise, tant il est vrai qu'un patron de bar énervé est un relais d'opinion efficace.
Voilà (notamment) pourquoi je fais partie de ces électeurs de gauche qui n'abandonneront pas leur candidate au profit d'un petit baron local de droite passé maître dans l'art de la mystification. Bayrou - comme Bush - joue aux born again : " Regardez-moi, j'ai changé ! J'ai participé à toutes les coalitions RPR et UMP, qu'elles soient nationales ou locales, depuis trente ans. Mais c'est fini, je le jure ! ".
Tu parles ! Vivement qu'il arrête de jouer les Gandhi ! Moi, en tout cas, je n'en peux plus !
B-) PS : Précision utile pour ceux qui veulent briller dans les dîners en ville : Bayrou se dit " ba-i-rou " et pas " bé-rou ".