Violences faites à Ségolène
Plutôt que de débattre projet contre projet, l'UMP semble préférer la disqualification, la rumeur et la diffamation. Il s'agit donc de ramener le débat sur des questions de fond.
Le dernier abus concerne les propositions sur les violences faites aux femmes. Lors d'un débat à Roubaix, vendredi 19 janvier, Ségolène Royal a répété que les violences contre les femmes constitueraient une priorité de son gouvernement : " La première loi que je ferai voter sera consacrée à ces violences ", a-t-elle déclaré après avoir entendu le témoignage d'une participante victime de son compagnon.
Suite à cette annonce, Valérie Pecresse, porte-parole de Nicolas Sarkozy, a aussitôt dénoncé l' " ignorance injustifiable et inexcusable " de Ségolène Royal. Et oui ! Pourquoi ne pas l'incarcérer immédiatement ? Elle ajoute que Ségolène " ne sait pas que ce dispositif d'éloignement a été mis dans la loi par les gouvernements Raffarin et Villepin ", en faisant référence à deux textes : la réforme du divorce de 2004 et la loi du 4 avril 2006 " renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple ".
A ce stade de régression du débat, il convient d'apporter quelques précisions à Mme Pécresse :
1- C'est aux sénateurs socialistes que l'on doit les volets " prévention & répression des violences conjugales " des lois votées en 2004 & 2006. C'est gâce à eux que ces textes ont un minimum de sens.
2- La situation reste grave (une femme sur 10 victime de violences, un décès tous les 3 jours) en partie parce que les dispositions de loi ne sont pas appliquées faute de travailleurs sociaux (ces fonctionnaires dont le projet UMP prévoit de ne pas assurer le remplacement lorsqu'ils partent à la retraite) ; mais aussi parce que :
3- la loi, qui exige le dépôt d'une plainte par la victime elle-même, reste manifestement insuffisante ;
4- Enfin, le projet UMP ne contient aucune proposition sur les violences faites aux femmes. Peut-être pensent-ils qu'une baisse des charges suffira à résoudre aussi ce problème ?
Ségolène Royal sur les violences conjugales (Dimanche +, Canal Plus, 21 janvier)
Le 23 janvier, sur Europe 1, Ségo a répondu : " Ce qui est clair c'est que la loi est insuffisante. Je déplore les polémiques politiciennes sur les violences faites aux femmes. J'ai voté la loi actuelle, c'est une première étape. Mais, manifestement, compte tenu de l'atrocité des chiffres réels ... il va falloir régler ce problème ".
Elle explique que " pour que le mari violent soit écarté, il faut que la femme, la mère porte plainte. Les femmes ont souvent peur de le faire parce que si elles portent plainte, les coups sur elle peuvent redoubler ".
Le principe de l'amélioration qu'elle propose est simple : " Je souhaite que le dispositif juridique adopté soit proche de celui que j'ai fait voter pour la loi contre le bizutage, c'est à dire qu'on puisse venir au secours d'une victime sans que celle-ci ait besoin de porter plainte. Si la police constate un flagrant délit de coups sur une femme, à ce moment là, on pourrait intervenir ".
A moins qu'il ne faille laisser les gros cons battre tranquillement leur nanas, et ne rien faire, comme le proposent Sarko et l'UMP...