Ils ont pendu Saddam : je vais voir Borat

Publié le par Bast

Bien évidemment, Saddam était un salaud, il fallait le juger. Mais encore faut-il faire cela en bonne et dûe forme, et ce d'autant plus qu'il s'agissait de faire comparaître l'un des plus sérieux criminels que la Terre ait porté.

Nous n'irons donc pas jusqu'à dresser le même constat que Le Pen, qui estime lui que le fait que Saddam ait été jugé sur le seul " incident " d'Halabja (qui n'a fait "que" 12000 morts), " au lieu de mettre en cause l'essentiel des actions de son gouvernement, prouve qu'il s'agit là d'une basse manoeuvre politique et par conséquent d'un véritable crime ". Quel procédurier ce Le Pen... Halabja ? Ce n'est qu'un point de datail !

Non : il fallait juger Saddam quoi qu'il arrive, sur la base des preuves disponibles. Deux solutions étaient alors à envisager : un tribunal pénal international pour l'Irak, sur le modèle de l'ex-Yougoslavie et du Rwanda, ou alors une juridiction nationale irakienne. La puissance occupante a opté pour la seconde, avec ce qu'il fallait de petites retouches nécessaires pour garantir un résultat entendu d'avance : il fallait mettre à mort Saddam Hussein.

Chez nous, le débat sur la peine de mort a déjà été tranché, en tout cas pour la plupart des Français normalement constitués. Dans l'Irak de Saddam, on sait bien que la peine capitale n'était finalement pas la pire. Mais que dire des Etats-Unis, qui sont actuellement aux commandes de ce pays ? Pourquoi l'administration Bush n'a-t-elle pas traduit dans son processus de décision le débat qui agite les Etats-Unis sur le bien-fondé du maintien de cette peine de barbares ? Car elle a bien fait comme si cela allait de soi.

Dès lors, le sort de Saddam Hussein était joué. Entre une armée occupante chargée de défendre les intérêts de puissants culs bénits traditionnalistes, un gouvernement impotent et un tribunal en pilotage automatique, que pouvait-il espérer de mieux que la mort ? Ce n'est certainement pas son ancien ami Chirac qui aurait pu le tirer d'affaire, lui qui souhaite aujourd'hui inscrire la prohibition de la peine de mort dans la Constitution...



ATTENTION LES ENFANTS : cette version intégrale de l'exécution peut choquer. Mais si jamais Papa est pour la peine de mort, regardez quelles conneries il est capable de défendre.

Dans ses conditions, vaut-il mieux partager le " sentiment indéfinissable de dégoût " exprimé par Ségolène Royal ou bien, comme Nicolas Sarkozy, persister à soutenir la politique étrangère bien étrange des Américains ?

Je vous laisse seuls juges de la meilleure position à adopter. Néanmoins, et constatant mon impuissance face à tant d'absurdité, je me suis tourné vers la seule source de critique efficace de cette " guerre de la terreur " : Borat.

Après une heure et demie de film, j'étais très mitigé. J'ai beaucoup ri : le rodéo, Pamela Anderson, les leçons de savoir-vivre, les pentecôtistes, etc. Par contre, j'ai moins kiffé la bataille entre Borat et Azamat... un peu toumeutche. Mais c'est toujours agréable de rire des red necks dans des moments pareils.

S'il-te-plaît, Borat, si par malheur Sarko gagne, promets-nous de venir faire un petit tour en France !

B-)

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Publié dans Présidentielles 2007

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