Forums l'UMP : le grand bazar

Publié le par Bast

L'angle était facile : "cette fois, il y a eu débat". Mais que cache l'unanimité dans le choix du traitement médiatique du deuxième des trois débats d'investiture UMP ? En réalité, c'est l'histoire d'un plan foireux de plus pour l'équipe Sarkozy, après le plantage monumental de l'annonce de sa candidature et la parodie ridiculissime du premier des "forums régionaux".

Tout s'explique déjà par la mise en scène : chacun est assis à son petit bureau et tout ce petit monde discutte de l'avenir de la France et de la droite. Si l'UMP n'était pas une structure à la solde de son chef, on pourrait même dire que l'on assiste à une réunion de la direction du parti. Mais ce n'est pas le cas. Ces débats ont été imaginés par les sarkozystes, pour Sarkozy et l'avenir de la France sarkozyfiée : un pays où il faut écouter le chef et fermer sa gueule. Or, le second débat n'a pas corrigé cette impression d'autoritarisme et de culte du chef qui se dégageait du premier, ainsi que du conseil national de l'UMP à Paris.

Rien n'a été changé dans l'organisation. Raffarin se fait animateur du dimanche d'une émission politique co-présentée par son petit chef. Les invités, triés sur le volet, sont priés de l'écouter pendant trois bonnes heures au cours desquelles seuls l'interrompent les vivas du public et quelques exposés de 5 minutes récités par des seconds couteaux. On aura compris qui est le favori, qui préside l'UMP, qui contrôle les débats.

Quant aux challengers - ou plutôt, la challengeuse -, c'est Michèle Alliot-Marie qui a le premier rôle. Contrainte à la fermer le plus possible, reléguée sur un côté du "plateau" entre deux barons sarkozystes, elle n'a qu'à faire le constat de son humiliation... tout en espérant qu'ainsi mal traitée, elle apparaîtra plus sympathique.

Dans une telle position, mieux vaut éviter toute erreur. Malheureusement, toutes les tentatives de subversion sont immédiatement sanctionnées par les huées d'un public hostile. On se croirait chez Fogiel. Si vous ajoutez à celà des sorties pitoyables du genre "la France, c'est deux choses : la Tour Eiffel et Jacques Chirac", et bien tous les ingrédients du coup fourré sont réunis.

Mais qu'allait-elle donc faire dans cette galère ? Villepin, lui, s'est bien gardé d'aller se faire étriper en public et en direct par un Sarkozy maître de son dispositif, du déroulé des débats, et profitant d'un valet de choix en la personne de Raffarin. Pour preuve, celui-ci déclare à un moment : "On l'aura compris, Michèle défend la continuité et Nicolas la rupture... sage". Quelle impartialité ! Il ne prend même pas la peine de faire semblant d'être équitable.

Quand on observe tout cela, on hésite entre deux types de réaction. On peut s'étonner d'une si faible volonté à donner à ces "forums régionaux" l'apparence d'un débat équitable et se dire que c'est dommage pour la démocratie.

Cependant, nous opterons plutôt pour une attitude plus pragmatique : quel plaisir de voir la droite ainsi ridiculisée par elle-même ! Quelle satisfaction de constater à quel profondeur le nullissime Raffarin a fait tomber son favori Sarkozy, pris au piège d'un faux débat contreproductif qui rend tout le monde perdant : MAM, Raffarin, Sarko, l'UMP...

On peut donc s'attendre à ce que MAM refuse de cautionner une ultime humiliation d'un parti godillot qu'elle a pourtant dirigé. Ou alors, c'est qu'elle mérite le poste de Premier ministre !

B-)

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Publié dans Présidentielles 2007

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