Bobo et Kiki

Publié le par Bast

Nous ne citerons pas leurs noms, pour respecter leur anonymat professionnel, mais bast64 tient quand même à rendre hommage à deux figures de l’art parisien de ce début de XXIème siècle. Appelons-les Bobo et Kiki.

 

Un jour, alors qu’ils cuvaient leur pinard à un euro devant le bistrot « Chez Christine », ils ont eu cette révélation : ils allaient faire fortune sur le marché de l’art : « Christie’s, Sotheby’s, nous voilà ! ». En réalité, leur association était déjà programmée par leur évidente complémentarité :

 


En effet, Bobo aime l’art, l’histoire de l’art et l’art de la fête. Sa phrase fétiche est « J'encule les Parisiens ». Féru de glisse, de cuisine et d’informatique, il n’a pas son pareil pour dénicher les pièces que kifferont les « gogos parigots », comme il se plaît à les appeler.

 

Kiki, quant à lui, développe un penchant pour l’art d’acheter, vendre et conduire (trop) vite. Il a pour devises « Plaque allemande : pas d’amende » ou encore « Bella figura tutti el tiempo ». Kiki aime sa voiture, ses parents, Gucci et les Paciotti modèle argenté.

 

Très vite, nos deux jeunes loups deviennent des requins assoiffés de sang dans la petite mare du marché français, désormais trop étroite pour contenir leur ambition débordante.

 

C’est pourquoi Bobo et Kiki optent pour une activité plus internationale, seule capable de leur fournir les moyens de se « gaver comme des gros porcs », comme ils le répètent à l’envi.

 

Au-delà de cette stratégie, Bobo et Kiki entretiennent une conception du marché de l’art français qui leur est propre : « Le marché est pourri, y a pas assez de badauds qui achètent, les mecs sont fauchés, du coup tu vends qu’à des étrangers », déclare Bobo. Kiki a à peu près la même analyse : « L’idée, c’est de les plumer un maximum tellement ils sont cons ces Ricains ».

 

« Cynisme ! », vous indignerez-vous… Que nenni ! Ces jeunes là savent faire preuve de pragmatisme. Dépouiller les bourgeois avec le sourire, c’est leur façon à eux d’exprimer le mal-être de la société tout en se dégageant des opportunités professionnelles. Un formidable exemple à suivre pour nos jeunes désœuvrés qui s’emmerdent dans les banlieues.

 

Vous souhaitez les rencontrer ? Ils sont au « Gin Fizz » tous les matins à 10h00 (le bar, pas le cocktail) et chez Costes le midi. Le soir, au bar du Plaza, ils aiment se plonger dans la lecture des catalogues des prochaines ventes, en pensant à tous les « guignols » - comme ils disent – qu’ils vont pouvoir délester de leurs sous. Le soir, enfin, après une longue et dure journée de quatre heures de travail, ils retrouvent leurs amis pour des soirées alcoolisées… Peut-être un jour aurez-vous la chance de partager avec eux ces grands moments de réflexion artistique…


 

B-)

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Publié dans bast64

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K
.......................et c'est tellement vrai ! Bien vu jeune bastien.<br /> Felicitation pour cette brève analyse !  Kiki
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