Un jour historique
Un jour historique
Pour la première fois de leur histoire, les Français ont l’occasion de voir une femme occuper les plus hautes fonctions. Certes, on a connu les régences de Catherine de Médicis (1560-1564), de Marie de Médicis (1610-1614) et la dernière femme à avoir dirigé la France reste Anne d’Autriche (1644-1651).
Aucune d’entre-elles n’était cependant « chef de l’Etat » à proprement parler, puisqu’il a été fait appel à elles dans des situations bien précises que l’on qualifierait aujourd’hui d’intérim.
Aujourd’hui, Ségolène Royal a de bonnes raisons de croire qu’elle peut devenir le premier chef d’Etat français non masculin, ce qui n’est pas rien.
Cimetière d’Eléphants
Celle qui a été élue hier à 61 % par 80 % des 218 771 militants socialistes a pourtant fait l’objet de toutes les attaques.
« Qui va garder les gosses ? », se demandait Fabius (19 %). « L’élection présidentielle, ce n’est pas un concours de beauté ! », prévenait Mélenchon, qui se déclarait très « triste » ce matin. Peut-être que ces deux-là devraient suivre le conseil des Guignols en devenant candidats au baby-sitting des enfants Hollande ?
Côté DSKistes, c’est l’histoire de la fameuse cassette où Ségolène « traite les profs de fainéants ». Cela n’a pas marché non plus, pour la simple et bonne raison que tous ceux qui ont voulu vérifier cette info n’ont eu qu’à aller sur Daily Motion pour s’apercevoir qu’elle critiquait ceux d’entre-eux qui faisaient du soutien individuel dans des instituts privés. Après le succès de la non moins fameuse « cassette Méry », DSK devrait penser à se reconvertir en ouvrant un vidéo club à Sarcelles.
« Battre la droite »
C’est le leitmotiv des poids lourds socialistes depuis hier soir : il faut « battre la droite », ce qui signifie bien sûr « battre Sarkozy ».
Or, contrairement à ce qu’il fait savoir, Ségolène Royal n’est pas une adversaire facile pour lui. Il saura retenir la leçon des échecs des diverses tentatives de déstabilisation dont Ségo a fait l’objet au cours de la campagne interne.
Il gagnera à se méfier de cette rivale dont le potentiel ne s’est pas encore totalement exprimé, là où lui donne déjà ses premiers signes d’essoufflement.
Enfin, le cauchemar de Sarkozy pourrait bien se concrétiser avec les tentatives de plus en plus nombreuses et spectaculaires du camp chiraquien pour lui mettre des bâtons dans les roues. Qui de Villepin, MAM ou Chirac ira le défier ?

