Mini-traité : la mini-ambition du mini-président

Publié le par Bast

... mini-moche et lilliput !

On le sait, le traité rejeté par les Français le 29 mai 2005 posait un problème : la partie III, qui reprenait l'ensemble des accords déjà conclus, aurait due être squizzée. L'erreur de Chirac - la plus grave en douze ans - a été de proposer ce texte par référendum. Il espérait se racheter une légitimité à bon compte. C'était sans compter sans les Français, qui ont saisi l'occasion pour lui asséner une bonne claque. Avec cet échec, Chirac a plombé l'Europe pour plus de dix ans ; on vient d'en avoir la confirmation hier, avec le mini-accord sur le mini-traité.

Ce mini-traité - ou " traité simplifié " - n'existe pas encore. Il faut donc arrêter de faire comme si Sarko avait déjà obtenu sa signature. Effectivement, avec Merkel, il est parvenu à convaincre les ouistes de 2005 (Espagne, Belgique, etc.) de revenir négocier avec les nonistes (Pays-Bas, France), et les vexés du nouveau système institutionnel (Pologne). Mais ce n'est qu'un demi succès. En effet, seule a été abordée la question institutionnelle.

Rien sur les droits de l'homme.

Rien sur les services publics.

Rien sur l'environnement.

Pas de quoi s'extasier donc. On pourrait même parler de quart de succès, tant les échéances apparaissent lointaines :

Juillet 2007 : Conférence intergouvernementale chargée de rédiger le mini-traité

Octobre 2007 : Adoption du mini-traité

2009 : Entrée en vigueur du mini-traité

2014 : Mise en place progressive de la double majorité

2017 : Le mini-traité s'applique totalement

Dix ans ! Heureusement que c'est un mini-traité ! S'il s'était agi d'un vrai traité, on nous aurait dit " pas avant 2037 " ?

Contenu limitatif, application saint-glinglinesque, compromis grotesques face aux plus intransigeants... ce mini-traité est bien celui d'une mini-ambition.

Notre mini-président se targue d'un succès dont on voit mal les contours. Certes, l'Europe bouge encore. Mais comment crier victoire alors que rien de concret ne sera obtenu avant dix ans ? L'Europe ne mérite-t-elle pas qu'on lui consacre davantage qu'une petite négociation nocturne et que l'on se satisfasse de si piètres résultats ?

Il reste enfin cette question, incontournable, de l'échéance de dix ans... Et oui, Monsieur Sarkozy, dans dix ans, la Turquie fera partie de l'Union. Et tout votre flan médiaplomatique n'aura servi à rien, puisqu'il faudra tout recommencer...

B-)

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