De la merde dans le gicleur

Publié le par Bast

On vous l'avait dit !

Un mois après la prise de fonctions triomphale du Président Sarkozy, rien ne va plus au sein de la majorité. Un Président égocentrique, un gouvernement vitrine et cacophonique, une majorité et un Premier Ministre humiliés, une opposition qui a repris du poil de la bête : voilà le bilan de Sarko depuis le 16 mai. On vous avait pourtant prévenus qu'on allait tous être cocus ! A moins que le " rouleau compresseur " ne donne ses premiers signes de faiblesse, par trop de merde dans le gicleur ?

Autisme présidentiel

Rien n'est trop farfelu pour Sarkozy. Impossible de tenir les promesses fiscales ? Pas grave ! On les fera quand même ! La dette est de 1 200 milliards d'euros ? Il faut faire une pause dans la baisse des déficits ! La misère se répand ? Engraissons les riches ! Les Français veulent une politique de droite ? Oui ! Mais avec des traîtres de gauche !

Sarko a accumulé en un mois plus de fautes politiques que Raffarin, qui se permet même de lui faire la leçon. Mais ce n'est pas si important. Le culte du chef est suffisamment bien ancré à Matignon, au Palais Bourbon, à l'UMP et à la télé, que toutes ces incongruités passent pour des coups de génie. On salue l'ouverture, le choc fiscal et l'hyperprésidentialisation sans demander son reste.

Y a-t-il un copilote dans le Matignon ?

Hollande prend un malin plaisir à souligner " l'hypertrophie du moi " du Président Sarkozy, ironisant sur un Premier ministre, " François Fillon, je crois que c'est son nom ", privé de toutes les prérogatives que lui confèrent la Constitution1. Après avoir fait illusion pendant quelques semaines, Fion prend la mesure des sacrifices politiques qu'il a consentis en devenant le dircab de luxe du Président qui décide et exécute.

Il n'a pas eu son mot à dire sur les nominations, il a dû prendre acte des premières mesures démagofiscales sans pouvoir y redire quoi que ce soit, il a passivement vu passer la campagnes des législatives qu'il prétendait conduire, etc. La liste est longue des faits qui se sont rapidement succédés pour contester son autorité. Bravo Fillon ! Tu as grillé encore plus vite que Villepin !

Majorité humiliée, opposition ressucitée

Forte du succès relatif enregistré dimanche, l'opposition gauchocentriste se déchaîne contre les erreurs multipliées de l'équipe Sarkozy. Un Premier Ministre blessé, et voilà que l'odeur du sang attire les prédateurs assoiffés de revanche. L'opposition se fait d'autant plus virulente que de graves critiques s'élèvent à droite contre les mesures annoncées (TVA inflationniste, minitraité, etc.).

Ces attaques en provenance de la droite portent également - et c'est bien plus grave - sur les postes. La promotion (même bidon) de Borloo, boureau d'au moins 60 candidats UMP, ne passe pas. Pas plus que la nomination de Brutus Bockel, Judas Besson et autres transfuges, vécue comme une véritable humiliation par les barons UMP. Si l'on ajoute à ça l'éviction de Juppé, ceux qui ont porté Sarkozy au pouvoir doivent aujourd'hui se sentir bien seuls. Et même si on les a toujours (loyalement) affrontés, on ne peut que compatir avec eux...

Mensonges, manipulations, tractations de couloir, débauchages, passages en force, humiliations, trahisons : on reconnaît bien là la façon de faire de Sarkozy. En fait, depuis lundi, la seule rupture visible, c'est PPDA qui présente le 20 heures de TF1 depuis l'Elysée (il a raté Le Pen de peu). Dernier constat : on se réjouit que ces merdages répétés fassent oublier la lutte pour le pouvoir à gauche...

B-)

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1 " Le Premier ministre dirige l'action du Gouvernement " (Art. 21). " Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation " (Art. 20). Il propose les membres du Gouvernement au Président (Art. 8). Il faudrait qu'on réécrive la Constitution, mais en la mettant au passé. 

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