Les dictateurs font toujours salle comble

Publié le par Bast

Réunir du monde ne signifie pas que l'on ait raison

Magnifique ! La presse, la télé et la radio en sont baba. " Porté par la foule ", Sarko a délivré un discours très offensif devant un parterre de fidèles en délire. Une véritable " démonstration de force " du candidat sortant : 20 000 personnes dedans (quand Bercy peut en accueillir 18 500 maxi), autant dehors (selon l'UMP et la police). Certes, les journalistes ne comptent pas, même si l'on voit mal comment autant de monde pourrait se réunir autour de Bercy... Ce n'est pas grave : leurs actionnaires sarkozystes seront contents, c'est cela qui compte.

Des cohortes de bus gavés de sarkozystes ont donc convergé vers le lieu de la cérémonie organisée à la gloire de Sarko. Les drapeaux ont été distribués, la salle chauffée, Ségolène insultée : tous les ingrédients d'un bon meeting totalitaire étaient là. Les gogos, ravis de torents de haine et de flots démagogiques, crient " hourra ! " quand Sarko promet de la proportionnelle à Le Pen. Ils jouissent quand il fustige mai 68. Ils hurlent " Bravo ! " quand MAM s'en prend aux jupes de Ségo. Ils glapissent quand ils entendent le candidat des junkers en appeler aux " sans grade " pour faire " triompher nos idées ". Il dit ça sans rire, devant la quasi totalité des " gradés " des gouvernements Juppé, Villepin et Raffarin.

Fabuleux. Pourtant, un sentiment de malaise nous envahit à la vue d'un tel événement. En effet, la méthode du meeting monstre correspond-elle aux moeurs politiques d'un pays démocratiquement apaisé ? D'où tire-t-on un besoin tel de montrer que l'on a le peuple derrière soi ? La mise en scène surjouée du rassemblement populaire derrière son guide rappelle ainsi les épisodes les plus sombres de l'histoire mondiale. " Foules en délire " et culte du chef n'ont jamais fait bon ménage et les dictateurs font toujours salle comble. Omar Bongo et Mobutu n'ont jamais discouru devant des salles vides. Castro, même absent, sait réunir les foules.

Il y a comme un petit air de famille, vous ne trouvez pas ?

Et oui, Sarko a ressucité les méthodes initiées par Hitler, reprises par son pote Mussolini et imitées et perfectionnées par l'Union Soviétique. Aujourd'hui, seuls Kim Jong Il et Berlusconi s'appuient encore sur ce type de scénographie. Discours de haine et meeting monstre : c'est la recette des vainqueurs. " Je suis le candidat du peuple ", jurent-ils pourtant tous, la main sur le coeur, pour mieux faire oublier qu'ils sont le jouet des puissants.

La France a raison d'avoir peur. Sarko va être content.

B-)

Accueil

Haut de page

Imprimer

Ajouter aux favoris

Publié dans Présidentielles 2007

Commenter cet article

bast64 13/05/2007 15:46

Evidemment, quand je dis "peuvent", il va de soi qu'il y a volonté de raccompagner les collègues femmes, et que les patrouilles "peuvent" prendre sur leur temps de travail.
Sur le taxi gratuit, j'imagine que tu n'as pas de nana. Ou alors, c'est que tu ne vis pas dans une grande ville. C'est craignos de te balader seule à trois heures du matin... suffisamment pour faire une entorse à ton principe (malicieusement invoqué) d'égalité hommes-femmes.
Et sur la consommation d'alcool, bien qu'il existe des exceptions, les femmes ont en général un comportement beaucoup plus responsable que les hommes. Je ne vois pas ce qui justifie ton argument de l'incitation.

vive sarko 13/05/2007 15:34

"les patrouilles du soir peuvent ramener les policières" --> voila ce que tu as écris. Les partouilles en france PEUVENT aussi ramener les femmes flics, il n'y a pas d'interdiction, et dans ton exemple pas d'obligation non plus.Le coup du taxi gratuit pour les femmes a partir de 3heure du matin...C'est nul. Une femme qui va en boite sera ramenée gratuitement d'apres cette loi --> incitation a la consommation d'alcool, inégalité homme-femme.

bast64 04/05/2007 08:54

Bon. J'apprécie que tu cherches les réponses à tes questions sur bast64. Mais c'est vraiment chiant de tout le temps avoir à expliquer au sarkozystes pourquoi ils ont tort.
Sur le fait d'être une femme... Comment te dire ? Je pourrais t'expliquer que la quasi totalité des attaques sur Ségo reposent sur sa présumée incompétence, sur le fait qu'elle sorte de ses gonds... Autant de préjugés à la con que l'on prête aux femmes dans tous les secteurs de la vie familiale, politique, dans l'entreprise, etc. Ton amie MAM t'expliquera mieux que moi.
Par ailleurs, dois-je te rappeler que Sarko s'appuie sur l'origine de ses grands-parents pour atténuer la dangerosité de ses propos sur l'immigration ?
Sur les fliquettes, avant d'ironiser, il faudrait peut-être aller voir si ça n'existe pas ailleurs... Or (pas de bol pour ton ami Sarko) un dispositif ayant le même objectif pour les femmes travaillant le soir existe déjà à Montréal où les bus les raccompagnent aux pieds de leurs immeubles. En banlieues, les patrouilles du soir peuvent ramener les policières. On peut citer aussi l'exemple de Berlin où les taxis sont gratuits pour les femmes à partir de 3 heures du matin.
Mais bon, tout ce qui touche aux femmes ne vous concerne pas vraiment à droite, n'est-ce pas ?

Vive sarkozy 03/05/2007 21:18

Petite parenthèse pas trop dans le sujet, pensez-vous qu'être une femme soit un argument pour être présidente ? Elle en profite, et je trouve cela nul.Le débat d'hier : attaques à répétition de Ségolène, qui fait retomber tous les échec de ces 5 dernières années sur les épaules de Sarkozy...Etait-il ministre de l'éducation ? Etait-il 1er ministre ? Etait-ttil président ? Non ! Donc tous les échecs ne lui reviennent pas.Je voulais souligner la belle anerie de Ségolène : Raccompagner toutes les femmes flics qui travaillent de nuit. Je propose aussi de raccompagner le garde du corps qui a raccompagné la femme flic, et meme raccompagner le garde du corp qui a raccompagné le garde du corp qui raccompagné la femme flic...et meme....

bast64 02/05/2007 19:20

Je suis d'accord avec toi, je ne pense pas que Ségolène soit plus dictatrice que Sarkozy : c'est concrètement impossible.
Si tu lis bien l'article, tu t'apercevras que je pointe le cocktail explosif entre foule en délire, discours de haine et culte de la personnalité.
Rien de tout cela hier : c'est la différence entre la politique apaisée et la politique brutalisée.
Dernier point : je pense que le respect se mérite, et qu'il doit être réciproque. Je ne vois rien dans l'arrogance, l'arrivisme et le populisme de Sarkozy qui justifie que je lui doive du repect.