Et revoilà l'insécurité

Publié le par Bast

Et revoilà l'insécurité... On croyait que la campagne allait pouvoir permettre aux candidats de répondre aux attentes des Français en matière sociale. Mais non. Les incidents de la Gare du Nord sont un véritable cadeau du ciel pour la droite, qui n'a pas manqué l'occasion de pourrir le débat.
Les Français cèderont-ils de nouveau à la panique ?
Qui était assez con pour croire que l'on n'allait pas revivre la campagne de 2002 ? Après tout, la bonne vieille recette insécurité + peur n'a-t-elle pas prouvé son efficacité ?
Sarko se lâche du haut de son petit pupitre. Il accuse la gauche de compassion vis-à-vis des casseurs, de laxisme, d'inconscience et même d'immoralité. Inutile de contredire ces insultes faites à l'intelligence de l'électeur, puisque ce dernier est formaté pour sauter à pieds joints dans la merde sarkozyste.
Car la France de Sarko doit avoir peur. Les bourgeois sont sommés de trembler face au risque de voir les hordes de pauvres envahir les rues. Les pequenots des campagnes qui n'ont jamais vu un Noir de leur vie doivent crier leur haine des étrangers. Les petits fachos se décomplexent, les idées se radicalisent et le débat disparaît derrière les écrans de fumées lacrymogènes.
Il y a fort à parier que la démagogie sarkozyste surfera sur cette illusion de restauration d'un ordre qui aurait (paraît-il) auparavant caractérisé la France. La gauche ne serait qu'un ramassis de soixante-huitards naïfs, complaisants et laxistes ; la droite autoritaire, sensible au respect de l'ordre et des valeurs éternelles de la France, serait la seule solution possible pour faire face à la décandence.
C'est ainsi que l'on se dirige vers une campagne de caniveau. La rhétorique de l'ordre va inévitablement prendre le pas sur tout le reste. Finie la nuance, terminés les discours avec des chiffres et des idées, oubliée la confrontation programme contre programme. La société française est sur le point de s'enfoncer à nouveau dans les abymes du déclin démocratique. A moins qu'un déclic ne finisse par se produire, que les journalistes se réveillent et se mettent à réfléchir, que les politiques osent défier le parti de l'ordre en lui rappelant quel est son bilan, que les intellectuels se remettent au boulot et que les Français cessent de croire que l'avenir tombera tout cuit : il faudra se battre, résister à la vulgate sécuritaire sarkozyenne et juger sur les faits, rien que les faits.
 
 
 

Timsit se marre quand la droite gonfle ses muscles. Au moins un qui a conservé ses capacités de bon sens et de discernement

B-)

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Publié dans Présidentielles 2007

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