La grande frousse

Publié le par Bast

En 2005, il avait promis qu'il se rendrait chaque semaine en banlieue. Pourtant, Nicolas Sarkozy n'y a pas remis les pieds depuis sa sortie sur le Karcher. Certes, il a reçu les jeunes au ministère de l'Intérieur. Certes, il fait une petite sortie dans un quartier populaire de Perpignan. Mais où sont les images du ministre conquérent qui remet-l'Etat-dans-les-zones-de-non-droit ?

Une reconversion possible pour après la présidentielle ?

En réalité, Sarko est détesté en banlieue. Il n'y a qu'à voir l'explosion des inscriptions sur les listes électorales dans les quartiers. Même l'association qu'il soutient, Bleu Blanc Rouge, lui déconseille de venir faire son show à Argenteuil. Il est vrai qu'après l'accueil reçu sur la dalle, les sarkow-boys ont beaucoup réfléchi avant de se risquer à l'exercice, quitte à décrédibiliser leur chef, ses engagements et son message répressif.

C'est pourquoi l'entourage du candidat-ministre a récemment promis à la presse un déplacement dans les cités... Avant d'y renoncer presqu'aussi tôt. Puis il a été question de l'y envoyer discrètement accompagné d'un seul journaliste, au lieu de la foule de perches, caméras et micros habituelle, qui aurait pu attirer l'attention. Chut !

Frustration médiatique à l'UMP

C'est vrai que l'idée, à défaut d'être courageuse, n'était pas si mauvaise. Mais devinez quoi ? C'est tombé à l'eau. Avant le minable rattrapage de Perpignan, il y a même eu un black out sur le thème de Sarko en banlieue. Evoquer le sujet était presque tabou. Et c'est encore plus vrai à l'heure actuelle.

Mais comment faire oublier le Karcher ? La racaille ? La volonté assumée de diviser les Français ? Sarko se sait profondément haï : c'est un vrai problème dans sa campagne.


Impro de Masrouda. Sarko aura au moins relancé la consommation de LSD chez les jeunes. Et pour l'emploi ?

En plus - un malheur n'arrivant jamais seul - le déficit banlieusard du candidat UMP s'est gravement creusé par rapport à François Bayrou (la claque, Zy'Va), certes, mais surtout à Ségolène Royal. Ce matin, la candidate de la gauche s'est rendue à Clichy-sous-Bois, d'où sont parties les émeutes de 2005. Elle a déposé une gerbe sur la stèle érigée en l'honneur de Zihad et Bounia. Elle a également signé le " contrat social et citoyen " de l'association AC Le Feu. Elle a également rendu visite aux habitants, aux associations, etc. se forgeant une image de " candidate des banlieues " (dixit France 2) que Sarko n'est pas près de lui ravir, et que Bayrou n'aura sans doute jamais.

Ségo à Clichy-sous-Bois (Reuters)

Ségo a enfin récemment rappelé, entre autres, qu'elle restait attachée à la police de proximité, qu'elle a baptisée " police de quartier ". C'est aussi comme ça que Sarko a intitulé sa police de proximité bis, qu'il avait pourtant supprimée. Magnifique revirement ! Après avoir monté pendant cinq ans les flics et les jeunes, après avoir éloigné la police des habitants, Sarko voudrait que les forces de l'ordre retournent dans ces quartiers qu'il a lui même si peur d'approcher. Mais si le courage était une qualité de Sako, on le saurait déjà !

Sarko la racaille : une carrière ratée ?

B-)

Accueil

Haut de page

Imprimer

Ajouter aux favoris

Publié dans Présidentielles 2007

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article