Ségo prépare une contre-attaque « sérieuse »

Publié le par Bast

Ségolène Royal a indiqué au cours du dernier débat télévisé entre prétendants socialistes qu’il valait mieux que l’Iran ne puisse pas « contrôler tout le processus du nucléaire civil », étape indispensable à la maîtrise du nucléaire militaire. Depuis Saint-Etienne, Nicolas Sarkozy a fustigé son « manque de sérieux », notamment sur les questions internationales. En attendant une réaction de la part de la probable candidate socialiste, bast64 prend parti contre le nainternationalisme sarkozien.

L’Iran doit-elle être autorisée à enrichir de l’uranium ? Bien évidemment, la mise en place d’une filière civile ne suffit pas pour posséder la bombe. En outre, les Iraniens mettront sûrement des années avant de disposer d’une méthode de détonation fiable, puisqu’ils sont sous embargo. Pour les mêmes raisons, les performances des missiles Shahab-3 resteront limitées en terme de portée (2 000 km) et de guidage, puisque l’Iran ne peut pas mettre au point de telles applications sans coopération militaire digne de ce nom.

Pour autant, l’Iran est signataire du TNP (Traité de non prolifération nucléaire) sur lequel elle se fonde pour revendiquer son droit à développer une production d’énergie nucléaire. Mais n’oublions pas qu’à la tête de ce grand pays se trouve une clique d’illuminés dont l’obsession revendiquée est de « rayer Israël de la carte » du monde. Aussi n’est-il pas si stupide de croire qu’ils puissent avoir des intentions hostiles envers d’autres nations…

Dès lors, c’est faire preuve d’une grande mauvaise foi – ou pire, d’une grande naïveté – que d’affirmer comme Nicolas Sarkozy que Ségolène Royal « manque de sérieux » en refusant que ces tarés aient un jour la bombe atomique entre leurs mains. Au prétexte que le dossier nucléaire iranien serait « une question très sérieuse, très difficile et très complexe », Sarko s’en prend à une position de Ségo qui a au moins le mérite d’être claire et conforme aux objectifs de la « communauté internationale », qui ne veut pas que l’Iran enrichisse de l’uranium.

Mais lui, que propose-t-il ? Comment compte-t-il appliquer son idéologie de la rupture au dossier du nucléaire iranien ? Veut-il envoyer les ingénieurs d’Areva à Natanz pour qu’ils aident l’Iran à se doter de la technologie nucléaire ? Préfère-t-il ne rien faire ? Il attend peut-être que Pierre Lellouche, l’atlantiste géostratège sarkozyste, ne vienne émettre chez Fogiel une opinion tranchée sur le sujet. A moins que Maître Bush ne formule d’ici là une position sur laquelle Sarko pourrait « sérieusement » s’aligner.

En réalité, en s’en prenant au « manque de sérieux » des propositions internationales de Ségo, Sarko désigne son adversaire, imitant ainsi Jospin, DSK et Fabius, avec le succès que l’on sait. En effet, il aurait pu ironiser sur Laurent Fabius, qui l’accuse de vouloir cirer « les babouches de Bush », ou encore à Strauss-Kahn, favorable à l’entrée de la Turquie dans l’UE. Non, c’est bien à Ségolène qu’il s’en prend – non sans condescendance : « si n'importe quelle autre personnalité politique » avait ainsi parlé de l’Iran, « je vois déjà les articles effarés sur le manque de sérieux ».

Mais peut-on reprocher à sa rivale un « manque de sérieux » quand on joue soi-même en permanence sur la provoc’ ? Il n’y a qu’à constater la légèreté dont le « stratège » Sarko a fait preuve quand il a utilisé les expressions « bande de racailles » ou de « nettoyer au Karcher ». Résoudre les problèmes des banlieues, n’est-ce pas là « une question très sérieuse, très difficile et très complexe » ? Et dire qu’ « on avait été jusqu’à laisser croire [sous Jospin] que la France était devenue antisémite », jurer ne pas avoir été mis au courant de sa mise en cause dans l’affaire Clearstream, reprendre à son compte le fameux « la France tu l’aimes ou tu la quittes », ou encore prêter allégeance aux scientologues, c’est « sérieux » ça peut-être ?

B-)

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Publié dans Présidentielles 2007

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