Le papi insulté riposte sur bast64

Publié le par Bast

Sacré Papi Tumsalis ! En moins de 24 heures, il est devenu une véritable icône nationale de la résistance politique. Lui ne fait pas comme ces opposants du dimanche, qui gueulent à table contre Sarko, mais qui s'agglutinent comme les autres contre les barrières en espérant le voir quand il passe par leur ville. Papi Tumsalis, c'est aujourd'hui le leader de l'opposition, comme nos enquêteurs l'ont constaté. Sali par Sarkozy, sali par l'UMP, Papi a choisi son blog préféré pour riposter. Voici le compte rendu de l'interview téléphonique que nous avons réalisée ce matin.


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Bonjour cher Monsieur. Avant de commencer, pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez choisi bast64 pour riposter aux attaques injustes dont vous êtes la cible ?
Salut les p'tits jeunes ! Oui, bon : moi, j'lis pas trop l'Internet. C'est ma fille qui m'sort le bast64 tous les jours avec sa machine à imprimante, avec le Libé et l'Huma. C'est super chouette, vot'truc ! Alors quand que j'ai entendu tous ces malfaisants qui m'traitaient d'tout les noms, mon sang n'a fait qu'un tour : "Vas gueuler sur bast64", qu'j'me suis dit !

Formidable ! Nous allons commencer par le début : quelle est votre nom Monsieur ?
J'm'appelle Eugène. Mais tout l'monde m'appelle Dédé, alors app'lez-moi Dédé.

Très bien Dédé. Tout d'abord, quel effet vous procure cette célébrité nouvelle ? Désormais, votre visage est connu de tous les Français.
Ah ça... Mais j'm'en s'rais bien passé eud c't'histoire à la manque ! Pensez-bien qu'si j'aurais pu choisir, j'aurais pas fait. Mais c'est comme ça qu'voulez-vous. C'est la vie comme dirait l'aut'. J'aurai attendu mes 73 ans pour passer dans la télévision.

Depuis le succès populaire de la vidéo de Sarkozy vous traitant (je cite) de "gros con", les réactions sont presque unanimes pour condamner l'attitude du Président. Pourtant, quelques ministres cherchent à le défendre en rejetant la responsabilité de cet échange sur vous. Qu'en pensez-vous ?
J'dois dire qu'ça m'fait bien rire ces histoires-là. Y z'ont rien dit pendant des heures, et v'là qu'y vont tous dans le poste pour dire que c'est ma faute à moi : "Il a pas respecté ci, l'papi l'aurait pas du dire ça, le Président il a bien réagi, c'est normal, patati-patata". C'est pas croyab'. C'est quand même lui qu'a dit ça, nom d'nom. Moi, j'y ai rien d'mandé à l'aut'là. Y avait qu'à pas m'toucher, oh ! Ch'uis pas la Carla Bruni moi : on m'touche pas comme ça ! Non mais y's'prend pour qui ç'ui-là ? J'visitais l'Salon d'la Culture avé les copains, j'demandais rien à personne moi... J'allais pour voir les bêtes et tout ça, c'est tout. Pas pour l'voir à lui.

Dédé, avez-vous voté Sarkozy en 2007 ?
Et pis quoi encore, z'êtes pas bien vous ? Moi, ch'uis eud'gauche d'puis dix générations ! A moi, on m'la fait pas. Sarkozy, moi, ch'peux pas. Qu'y reste avé ses Rollex, ses bateaux de luxe, ses jets et ses copains du Ritz, mais qu'y vienne pas m'emmerder à moi, nom d'une pipe. "Bas les pattes", qu'j'y ai dit. L'a pas volé.

Lors de notre premier contact téléphonique, vous nous avez expliqué que l'argument de la bousculade était exagéré.
Mais oui ! Y disent qu'y a la bousculade, mais z'avez d'jà vu une vraie bousculade ? Quand j'étais jeune, avé les copains, on f'zait les Fêtes eud Bayonne : ça c'est d'la vraie bousculade. Mais l'aut'jour, c'était tranquille, pépère comme dit l'aut'. D'la pisse d'âne de bousculade, oui. On était serrés, mais franchement, ça allait. Après, pour l'aut', le p'tit, ché pas. Mais pour moi et les copains, tout allait bien. On marchait là, tranquilles...

Vous semblez sous-entendre que la taille du Président pose problème dans de pareils cas ?
C'est vous qui dites ça. Moi j'dis juste que c'est pas avec le grand Chirac que ça s'rait arrivé, c't'histoire. Et pis Chirac, de toute façon, j'lui aurais serré sa main. Mais l'aut'là. Si t'aimes mieux, il est trop petit. On l'voit pas. Moi, c'est qui m'a surpris. Mais j'l'ai quand même reconnu, j'regarde quand même la télé avec ma femme. Mais c'est pas pour ça qu'j'vais y faire du lèche-bottes. "Touche moi pas", qu'j'y ai dit ! Haha !

Merci Dédé, pour toutes ces précisions. Vous souhaitez faire passer un message particulier ?
Oui. J'veux dire bonjour à ma femme Ginette, à ma fille Cathy et mon fils Jipé, aux copains du Balto et à Gérard, mon frère. Et pis j'voudrais quand même dire un truc. Moi, si jamais mon fils ou mon p'tit-fils y m'avaient parlé comme ça, j'y aurais mis deux tartes dans sa gueule de p'tit con, pasque ça s'fait pas d'parler aux vieux comme ça. J'ai fait l'Algérie, moi. J'ai fait l'usine, moi ; et l'aut' il a fait quoi à part faire eul'beau avec sa tête partout sur la télé ? Mais y a pas qu'ça. Aujourd'hui, les jeunes, y parlent n'importe comment, que c'est pas normal. Y parlent mal com'tout. Y maîtriz'pas les subtibilités (sic) d'la langue à Molière. Y respectent rien, même pas les vieux. Moi, j'vous dis : ma fille, elle est avocate. Et sitôt qu'l'aut' y s'ra plus Président, j'te l'foutrait au tribunal pour insultes en public ! Et crois-moi, mon p'tit, j'vais lui faire cracher les sous-sous ! L'emportera pas au paradis, moi euch'te l'dis !

Et bien merci pour tout, Dédé.
Y a pas d'quoi s'moucher, comme on dit chez nous. Et bien le merci à vous.

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