Jérôme, tueur de banques : enfin un vrai révolutionnaire !

Publié le par Bast

Au 31 décembre 2007, les positions frauduleuses prises par Jérôme Kerviel auraient pu rapporter 1,5 milliards d'euros à la Société Générale, qui aurait vu son bénéfice passer de 5,22 milliards en 2006 à 7 ou 8 milliards pour 2007 - soit un chouïa plus que BNP-Paribas. Kerviel aurait été un héros et il aurait touché son bonus tant désiré. Plutôt que de solder tranquillement lesdites positions, l'arbitragiste de choc a préféré continuer à jouer... jusqu'au crash des subprimes, qui a éclaté quelques jours plus tard. Difficile de savoir à combien se monte le préjudice. Difficile de savoir la quantité d'autres positions frauduleuses et douteuses dont la Société Générale s'est débarassée en profitant de l'aubaine. Difficile de connaître les montants précis concernés par les délits d'initié qui s'en sont suivi. Difficile d'établir la position d'une hiérarchie trop souvent complaisante lorsque les prises de risques hasardeuses de leurs opérateurs rapportent gros. Une chose est sûre : on aurait pu éviter cela.

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Jeté en pâture aux journalistes avec sa photo de vrai taulard, le petit Jérôme semble pourtant avoir le dos bien large, tant la tentation spéculatrice peut gagner les esprits les plus vertueux du monde de la finance. C'est probablement pour cela que JérômBreak a acquis une relative
sympathie du public qui, malgré ses agissements plus que douteux, ne voit en lui qu'un un lampiste, un bouc émissaire d'une mauvaise banque et d'un gouvernement dépassé par la situation. Lui se voyait plutôt en roi de la finance, comme Ewan McGregor dans Trader, opportunément rediffusé par M6 avant-hier. Mais certains ne sont vraiment pas faits pour retenir les leçons.
 

Publié dans Opposition !

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