On strike

Publié le par Bast

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Sans parler du fond - vaut-il mieux retirer leurs 5 milliards d'avantages à un million d'ouvriers ou en offrir 15 aux Français les plus riches ? -, la grève d'aujourd'hui n'est que carabistouille.

Parlons plûtôt de la forme. En 1995, Juppé avait du faire face à un mouvement qui prenait sa source dans la résistance à une réforme (ou plutôt une mort annoncée) des régimes spéciaux. Le reste s'était enchaîné à la vitesse de la lumière et le gouvernement avait fini par céder en décembre, après des semaines de blocage. La France était dès lors décrétée "inréformable".

Voilà pour l'histoire. Passons au vocabulaire. Aujourd'hui, nous avons donc une belle grève des transports.

Mais qu'est-ce qu'une grève ?
La grève, c'est quand les salariés refusent de bosser pour exprimer un mécontentement face à leurs conditions de travail et de rémunération ou au changement pas ou peu négocié de celles-ci. Rassurez-vous, nantis. La grève n'est que sectorielle, puisqu'elle ne touche que les transports. Elle n'est même pas reconductible (sauf à la RATP).

Mais qu'est-ce qu'une grève reconductible ?
La grève reconductible, c'est quand ces mêmes salariés qui font bien sagement grève avec un préavis en bonne et due forme se rendent compte qu'on se fout de leur gueule et qu'on refuse de les écouter. Là, tout peut dégénérer, puisque le prochain stade est la grève interprofessionnelle.

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Mais qu'est-ce qu'une grève interprofessionnelle ?
La grève interprofessionnelle, c'est quand d'autres salariés viennent se joindre aux premiers grévistes, souvent en grève reconductible depuis plusieurs jours. Le facteur déclancheur peut par exemple être une petite répression de manifestation. Nous n'en sommes pas encore là. C'est toutefois l'étape nécessaire avant la grève générale interprofessionnelle.

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Mais qu'est-ce qu'une grève générale interprofessionnelle ?
En général, quand on en est à ce stade, c'est que la situation a bien dégénéré comme il faut. Le qualificatif "général" signifie que personne ne bosse dans l'entreprise qui est en grève (reconductible). C'est le blocage général. Et comme c'est déjà "interprofessionnel", un grand nombre de secteurs sont bloqués : transports, usines, universités, fonction publique, etc. C'est ce qu'il s'est par exemple passé en mai 1968. Quand on en arrive là, c'est vraiment la merde intégrale. Le gouvernement panique, le chef de l'Etat fuit le pays, les syndicalistes sont totalement dépassés et la situation est incontrôlable. A moins d'un recul significatif des patrons (allant souvent au-delà des revendications initiales), l'étape suivante s'enchaîne comme dans un livre de Karl Marx : la révolution.

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Mais qu'est-ce que la révolution ?
La révolution, c'est quand les classes populaires et les classes moyennes s'allient avec une frange de la "France d'en-haut" pour renverser la clan au pouvoir et instaurer un système considéré comme plus juste. C'est, pour simplifier, ce qu'il s'est passé en 1789, quand le tiers état et la bourgeoisie ont fait chuter la noblesse pour proclamer la liberté, l'égalité, la fraternité et... le droit de propriété. Mais c'est une autre histoire.

Autant dire qu'on en est loin. Calmez donc vos amis trotskystes, le grand soir n'est pas pour demain. Calmez aussi vos amis sarkozystes, il est inutile de partir pour Londres ou Baden-Baden. La grève du 18 octobre ne sera qu'un pet dans l'eau. A moins qu'Hugo et Fidel ne décident d'armer clandestinement la CGT-FO, les trains recommenceront à rouler et les sarkoboys... à nous rouler.

Publié dans Opposition !

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